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Étude

L’impact VVF sur notre filière ?

Publié le 10/01/2023

Selon une note du ministère de l’Agriculture, les ménages consacrent 21 % de leur budget à l’alimentation. Un chiffre qui pourrait baisser en 2022 avec l’envolée du prix de l’énergie.

Les conséquences directes de cette augmentation génèrent deux effets.

Le premier, une augmentation des coûts de production amènent une hausse des prix de vente, voire le déséquilibre de l’offre et de la demande. Cela peut impliquer une baisse ou, dans des cas extrêmes, l’arrêt de la production.

Le second induit une redistribution des cartes dans les produits consommés et un impact direct sur le pouvoir d’achat.

Les conséquences sur la baisse du pouvoir d’achat, à produit similaire, sont une forte augmentation (22 %) des ventes des marques de distributeur en 2022. Les industriels de l’agroalimentaire y répondent, quant à eux, avec des contenants plus petits, des grammages en baisse ou des recettes modifiées.

Cependant, cette période confirme des tendances déjà constatées ces dernières années telles que la baisse de la consommation de viande rouge, à l’exception de la viande hachée. Pour les viandes blanches ou le porc, c’est un maintien, voire une légère augmentation de la consommation alimentaire. Cela étant, sur les 21 % du budget consacré à l’alimentation, la viande et les légumes représentent chacun 24 % des dépenses. Le pain et les céréales arrivent en troisième position avec 18 % du budget alimentaire.

Une préoccupation environnementale

Les produits consommés et les modes de consommation peuvent néanmoins faire apparaître des tendances ou des certitudes incertaines dans ce que nous propose Xerfi, institut d’études spécialisé dans l'analyse économique sectorielle.

Le végétalien (ou végan), qui ne consomme aucun produit d’origine animale, représente 0,5 % des Français. Défenseur, notamment du bien-être animal, il peut commencer à trouver une réponse dans l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

Le végétarien qui exclut toute chair animale représente 2 % des Français, soit 1,7 million. La dimension santé ou alimentation plus saine prend le dessus. Pour les puristes, il existe aussi des sous-catégories, les ovo-lacto-végétariens, les lacto-végétariens ou les ovo-végétariens… Le flexitarien qui limite sa consommation de viande ou de poisson représente 30 % des Français, soit un peu moins de 20 millions de consommateurs. Ces trois catégories ont en commun une préoccupation environnementale dans leur choix de consommer. Une préoccupation qui, elle aussi, se voit incitée par le législateur, via des programmes RSE ou des critères ESG par exemple.

En quoi notre filière est-elle concernée ? Par exemple, en amont, cela peut amener la création de farines de légumineuses. Cela nous permet d’utiliser dans nos recettes du bacon ou du fromage végétal. Il est d’ailleurs intéressant de revenir sur l’étymologie du mot recette, « recipere » en latin, recevoir… Nous avons juste à accueillir ces nouveaux ingrédients pour créer de nouvelles recettes : notre savoir-faire. Pour aller encore plus loin, une société mayennaise MBPack, présente au Sirha, spécialiste de l’emballage pour les métiers de bouche, a créé un indice environnemental « l’eFFet vert » qui lui permet, comme le Nutriscore, de noter 850 produits de son catalogue.

Nous ne sommes donc pas seuls pour répondre aux nouvelles préoccupations de certains consommateurs. Maintenant à nous de voir et sans doute de réfléchir sur une citation et un proverbe. L’auteur du « Manager minute » et « Qui a piqué mon fromage ? » Spenser Johnson précise « Remarquer très tôt les signaux faibles t’aide à t’adapter aux changements majeurs à venir ». La sagesse chinoise, quant à elle, nous dit « Quand le vent du changement se lève les uns construisent des murs, les autres des moulins à vent ». Et vous ?...