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Trois Questions à...

Franck Thomasse, Président des boulangers du Grand Paris

Pour Franck Thomasse, l’année 2020 a été difficile : soutenir la profession qui devait répondre aux besoins alimentaires des Français, malgré les risques sanitaires et les difficultés financières dues à une clientèle en télétravail. Explications.

Quel bilan tirez-vous de 2020 ?

« Pour les adhérents, ce fut très difficile : chute du chiffre d’affaires, peur de perdre son affaire, crainte pour sa santé. Paris a été très impacté par la crise : loyers à payer, chômage partiel qui se prolonge, licenciements qui se multiplient. La profession souffre, même si les boulangeries restent ouvertes. Je remercie les boulangers-pâtissiers pour tous les efforts consentis ces derniers mois. Ils ont joué le jeu, ont adopté les gestes barrières, appliqué les mesures de protection, sans réticence ».

Qu’avez-vous mis en place pour aider les artisans boulangers ?

« Le syndicat a accompagné et soutenu les artisans tant au niveau individuel que collectif. Il faut savoir que pendant cette période, certains se sont installés à leur compte pour la première fois, sans savoir évidemment ce qui les attendait ! Au niveau collectif, nous avons fait le choix d’offrir la cotisation du 2e trimestre 2020 aux adhérents, ce qui représente environ 100 000 €. Nous avons obtenu de la direction des Douanes la possibilité de récupérer la taxe de contribution au service public de l’électricité qui figure sur nos factures d’énergie. Autre nouveauté, la possibilité d’adhérer au comité d’entreprise des indépendants en partenariat avec l’IFCAES-CSE pour les boulangers du Grand Paris. Avec un abonnement de 12 euros/an et par personne, on peut accéder à 3 500 références à un prix très attractif ».

Que pensez-vous de l’ouverture 7 jours sur 7 ?

« Être président d’un syndicat n’est pas simple car il est quasi impossible de satisfaire tout le monde ! L’exemple de l’ouverture 7 jours sur 7 en est un bon exemple. Lors de mon accession à la présidence des Boulangers du Grand Paris, fin 2017, une de mes priorités syndicales était de demander au Préfet des Hauts-de-Seine la réécriture de l’arrêté de fermeture hebdomadaire afin de faire respecter cette disposition par tous les points de vente de pain et les boulangeries, et définir ainsi une concurrence commerciale loyale. Je mène ce combat pour les boulangeries de petite taille qui n’ont pas les moyens humains suffisants pour ouvrir 7 jours sur 7. A la suite de la publication du nouvel arrêté de septembre 2018, nous avons été confrontés à quelques réfractaires et, sur le terrain la situation s’est tendue et envenimée. Le Syndicat a alors décidé de mener bataille pour l’application effective de la fermeture hebdomadaire en assignant la sté Romaric Maître Boulanger en référé. C’est ainsi que le juge des référés de Nanterre a condamné le 22 février 2021 la sté Romaric maître boulanger sise à Nanterre à fixer un jour de fermeture dans la semaine, à l’affichage de ce jour et ce sous astreinte de 1000 € /jour de retard dans la déclaration à la préfecture. Cette victoire doit nous encourager à croire au combat syndical pour la défense de notre profession ».