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Trois Questions à...

Dominique Anract, Président de la CNBPF

Publié le 08/02/2021 |

A propos de la fermeture hebdomadaire et face à la crise sanitaire actuelle, Dominique Anract revient sur la position de la profession de la boulangerie artisanale. Explications.

Que pensez-vous de la fermeture hebdomadaire ?

« Fin 2020, j’ai souhaité qu’un débat s’instaure sur la fermeture hebdomadaire, afin de connaître la position claire des artisans boulangers-pâtissiers sur un sujet sur lequel nous sommes souvent en conflit pour l’application des mesures réglementaires et souvent interrogés par les pouvoirs publics. Après un large débat où tous ceux qui le souhaitaient se sont exprimés, la volonté de rester dans le cadre légal de l’article L.3132-29 du code du travail et dans son application stricte a été votée à la quasi-unanimité des groupements professionnels départementaux ».

Cette décision conforte-t-elle votre position ?

« Bien entendu ! L’ouverture 7 jours sur 7 n’est pas adaptée à la taille de nos entreprises par faute de volant de personnel suffisant et du fait de notre organisation, souvent familiale. De ce fait, elle pourrait nuire gravement à notre fonctionnement, à la valeur de la plupart de nos fonds de commerce et donc à la pérenité de nos exploitations. La fermeture hebdomadaire est une respiration nécessaire, sinon de repos et de détente bien mérités, pour ranger, s’organiser, gérer, s’informer, se former tester et créer de nouveaux produits, travailler sur les vitrines et le merchandising de notre offre et pour se préparer au rythme des périodes plus chargées, comme celle des fêtes ou de la crise sanitaire actuelle… ».

Que faut-il faire pour maintenir cet avantage ?

« Il faut continuer à faire respecter les procédures et arrêtés de fermeture, quitte à favoriser leur harmonisation, avec des sanctions exemplaires aux artisans en faute et à médiatiser largement. Il faut continuer à entraver la concurrence déloyale des points chauds, terminaux de cuisson et ceux de la grande distribution. La Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie s’est donnée beaucoup de mal pour faire comprendre les spécificités de notre profession, enrichie au fil du temps de dispositions réglementaires et législatives structurantes, en 1993 (décret du 13 septembre 1993 relatif au pain de tradition française), en 1998 (loi du 25 du mai 1998 appellation de boulanger et enseigne commerciale de boulangerie) et dans le code du Travail ».