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Trois Questions à...

Daniel Seyer, Président des boulangers du Grand-Est

Publié le 12/02/2021 |

Président de la fédération de la boulangerie-pâtisserie du Grand Est (Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine), Daniel Seyer dresse un bilan de 2020 et explique les priorités de cette année. Explications.

Comment la profession a vécu l’année 2020 ?

« 2020 a été une année en dents de scie marquée par une situation économique compliquée et difficile à gérer pour la plupart des artisans boulangers du Grand Est. Ces derniers ont su faire preuve de réactivité tout au long de l’année ponctuée par les mesures gouvernementales mises en place. Les 2 400 adhérents du Grand Est représentant les 10 départements de la région ont vécu différemment 2020 selon leur structure et leur environnement. Le rôle social de l’artisan boulanger a été très perturbé. Cette année restera sans nul doute dans la mémoire collective ».

Quelles seront les priorités 2021 dans le Grand Est ?

« Aucun de nous ne sait ce que sera l’année 2021 ! Je crois que ce sera l’année du rebond mais elle s’annonce d’ores et déjà difficile pour chacun. Miser sur la fabrication artisanale, privilégier la qualité des produits, se former au fournil comme au magasin, respecter les gestes barrières et les distances en boutique (2 à 3 clients maxi). Pensez à vous remettre en question ! Chaque fédération départementale dispose d’outils nécessaires pour développer votre boulangerie artisanale (stages de vente ou de production). 2021 sera une année d’élection où notre branche professionnelle a des rôles importants à jouer. Mobilisons-nous ! La boulangerie du Grand Est doit se renouveler avec une génération plus jeune pour perdurer. »

A quoi ressemblera une boulangerie-pâtisserie artisanale dans 5 ans ?

« Demain, une boulangerie artisanale devra répondre rapidement à toutes les demandes des consommateurs : pains spéciaux, pâtisserie, snacking, click & collect, bio, sans sucres, etc…Le snacking est l’activité qui s’est le plus développée ces 5 dernières années et cela va continuer dans les années à venir. Hormis cette tendance, nous devons devenir également des bijoutiers du pain comme les pâtissiers ou les chocolatiers ont su mettre en avant leurs produits en vitrine. Nous devons défendre la fermeture hebdomadaire. C’est un acquis social que la profession ne doit pas arrêter ! S’installer en périphérie est une solution de se développer mais il faut savoir que la proximité et le lien social quotidien avec nos clients resteront toujours les premières préoccupations de la boulangerie artisanale ».