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Snacking, restauration et traiteur boulangers sous influence

Publié le 02/01/2020 |

 

Ce sont les fêtes et leur cortège de repas, symboles de partage et de convivialité par excellence. L’harmonie des repas est cependant mise à mal depuis plusieurs années. En effet, si celui qui ouvre sa porte, l’hôte, offre le couvert, l’invité donne quant à lui sa confiance, mais avec de plus en plus de restrictions aujourd’hui.

Influence sociologique

D’un repas convivial et partagé dans une unité de lieu et de temps, nous sommes passés à une conception individualiste où chacun demande que ses attentes individuelles soient prises en compte. Pour l’un du sans gluten, pour l’autre du sans protéine animale, etc. Selon une enquête Nielsen sur l’alimentation, 37 % des Français excluent au moins un ingrédient de leur assiette.

L’éclairage que nous pouvons apporter pour grossir le trait de cette tendance est que nous ne prenons plus notre repas avec l’autre mais, dans le meilleur des cas, en sa présence. Dans notre quotidien, selon une étude du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), nous sommes passés, à l’aune des années 1990, d’un repas pris à table composé d’une entrée, d’un plat, d’un fromage ou d’un dessert à, aujourd’hui, un plat unique, sans couvert et pris au salon. Il est à noter que, dans ce cadre du salon, l’apéritif dînatoire a de plus en plus le vent en poupe, notamment auprès des jeunes, avec un peu plus de deux par semaine.

Influence morale

Ce qui est biologiquement mangeable ne l’est pas toujours culturellement. Depuis moins de dix ans, selon le Crédoc, 50 % des Français se sentent concernés par leur santé et par le bien-être animal. La notion de bien manger s’entremêle avec celle de manger sain. C’est un fait, la consommation de viande a baissé de 12 % et celle des produits laitiers de 21 % ces dix dernières années. Les réseaux sociaux amplifient, notamment auprès des jeunes, cette notion de bien-être animal, relayée par les médias traditionnels à travers des reportages sur, par exemple, les élevages ou conditions de transfert vers les abattoirs. Selon une enquête FranceAgriMer de 2018 :

  • 74 % des végétariens ont fait ce choix pour des raisons éthiques ;
  • 69 % des flexitariens pour des raisons de santé ;
  • 50 % des personnes interrogées critiquent les conditions d’élevage.

Influence législative ?

En qualité d’artisan, nous ne sommes pas concernés, et pourtant… Dans le cadre de la loi Egalim, les cantines centrales ou la restauration collective doivent désormais privilégier les produits issus de filières certifiées, bio ou locales. En outre, chaque semaine, un repas végétarien doit être proposé et ce, même si seuls 5 % des Français pratiquent le végétarisme. Cependant, pour mémoire, 70 % des Français mangent tous les mois des produits bio et 14 % tous les jours selon une enquête Nielsen.

En conclusion, et en référence à la dernière publicité Liebig « Chers Français, merci d’avoir râlé au sujet des soupes toutes faites. Merci d’avoir fait grandir nos soupes ! »… et nous, ferons-nous grandir nos produits ?

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