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Les Moulins d'Antoine, Murat (Cantal)

Farines et services « haut de gamme »

Moulins d'Antoine à Murat dans le Cantal

Depuis plus de quinze ans, la société murataise Les Moulins d’Antoine a adopté une politique de niches. Elle met un point d’honneur sur la qualité des céréales et des farines, ainsi que sur la qualité des relations avec ses partenaires.

« Quand je suis entré dans la société en 1995, je ne connaissais rien à la meunerie, raconte Pierre Barthelemy, président-directeur général des Moulins d’Antoine. On m’avait dit que j’avais la chance de pouvoir disposer des blés de Limagne, mais sans m’expliquer pourquoi. J’ai confié une étude à deux étudiants pour comprendre quels étaient les déterminants de la qualité du pain. »

Avec un moulin « éloigné des zones à blé et des zones de consommation », Pierre Barthelemy comprend par ailleurs qu’il est difficile d’être compétitif sur le marché industriel. « Pour maintenir notre activité et se différencier, nous avons cherché à mettre en place des démarches qualité, et nous avons investi dans nos outils de production. »

Rapidement, Pierre Barthelemy travaille avec la coopérative Domagri ‑ aujourd’hui fusionnée avec Limagrain ‑. « Dès 1995, nous avons créé la première filière en France avec une traçabilité totale. Nous avons été les premiers à travailler sur l’agriculture raisonnée, et en 1998 nous avons aussi été les premiers à obtenir une double certification CCP, sur la farine et sur le pain. »

Cette filière, nommée « De la graine au pain », représente actuellement près de 30 % du volume de farine vendue par les Moulins d’Antoine. Au début des années 2000, la société a aussi développé indépendamment la filière « Seigle des terres de Margeride ».

La qualité se construit sur la durée

En 2013, l’entreprise a produit près de 9 000 tonnes de farine dont 12 % pour l’export, à destination de l’Allemagne, de l’Irlande, de Taïwan, de la Malaisie, du Japon, ou encore du Brésil. Au global, les artisans boulangers représentent plus de 85 % des débouchés, l’industrie ne compte que pour 3 à 5 %, et la société a cessé de livrer la GMS depuis 2012.

Près de quinze ans auront été nécessaires pour que la qualité des produits des Moulins d’Antoine soit vraiment reconnue. « La qualité se construit sur la durée, affirme Pierre Barthelemy. Quel que soit le contexte, nous n’avons jamais bradé nos produits, et nous sommes allés vers une clientèle de plus en plus qualitative. Aujourd’hui nous livrons plus de 32 étoiles Michelin ! Et depuis 2010-2011, la demande explose, aussi bien en France qu’à l’étranger. »


« Si un client a un problème, cela devient mon problème. »

Deux structures pour plus de qualité

Pierre Barthelemy dirige les Moulins d’Antoine ainsi que la société Jambon Alimentation Animale. « Se situer en amont et en aval de l’agriculture est un élément déterminant pour la qualité : dans notre filière seigle, par exemple, nous pouvons orienter les céréales vers la meunerie ou l’alimentation animale selon la qualité des récoltes, explique-t-il. En outre, avec deux structures, nous mutualisons les coûts et les compétences. Nous pouvons alors proposer autant de marketing et d’accompagnement aux boulangers qu’un grand groupe. Et n’étant pas trop « gros », nous sommes très réactifs : si un client a un problème, cela devient mon problème. La qualité, c’est aussi un service au top. »

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